Bangui Financial Days : La Centrafrique réécrit son avenir économique
La 1ére édition de Bangui Financial Days a tenu ses promesses
Au terme des premiers Bangui Financial Days, État et secteur privé ont tracé une feuille de route pour une finance inclusive et transformative. L'événement a rassemblé l'écosystème financier autour d’une ambition : faire de la finance un levier d’inclusion et de transformation économique.
Pour sa première édition, les Bangui Financial Days ont affiché une ambition claire : transformer en profondeur le paysage financier centrafricain et attirer les investisseurs dans un pays souvent perçu comme une terre de défis, mais porteur d’opportunités inexploitées. Plus de 400 acteurs — décideurs publics, institutions financières, fintechs, investisseurs régionaux et internationaux — se sont réunis autour du thème « Investissement, Innovation, Inclusion ». Porté par un engagement politique fort, l’événement s’est ouvert sur un discours percutant du ministre des Finances et du Budget, Hervé Ndoba. « Nous ne sommes pas réunis pour commenter le présent. Nous sommes ici pour le transformer », a-t-il lancé, avant d’interpeller directement la communauté financière internationale : « Osez la Centrafrique ! Venez avec des projets concrets, et vous trouverez un gouvernement prêt à agir vite et bien. »
Une vision partagée par le secteur privé, représenté par Félix Landry Njoume, président de l’Association Professionnelle des Établissements de Crédit de Centrafrique (APECCA). « Nous vivons un moment historique », a-t-il souligné, faisant référence au Plan National de Développement 2024-2028. « Nous pouvons et devons réécrire le narratif de la République centrafricaine. Un narratif où notre pays est reconnu comme un terrain d’innovation et un hub d’opportunités en Afrique centrale. »
Au-delà des discours, l’événement a permis d’esquisser une feuille de route opérationnelle. Plusieurs priorités sont ressorties des échanges. Entre autres, l’accélération des solutions digitales pour toucher les populations rurales, encore largement exclues du système bancaire, le développement de produits financiers adaptés aux jeunes, aux femmes et aux PME, un renforcement du cadre réglementaire, en lien avec la BEAC et la COBAC ou encore la promotion d’une finance durable et responsable.
Les Bangui Financial Days se sont conclus par une cérémonie de remise de prix, mettant à l’honneur plusieurs acteurs majeurs de la place. Le Grand Prix a été décerné à Evariste Dignito, directeur général de La Semence. Parmi les autres lauréats : Orange Centrafrique (Prix de l’Inclusion Financière), Isabelle Dessande de Sofia Crédit (Prix de la Femme Leader dans la Finance) et Félix Landry Njoume (Prix du Dirigeant de l’année).
Si les défis restent immenses — notamment en matière d’infrastructures et de bancarisation —, cette première édition aura eu le mérite de fédérer les énergies et d’incarner une volonté commune : celle de faire de la Centrafrique un laboratoire d’innovation financière inclusive en Afrique centrale.
COMMENTAIRES